La souveraineté numérique en France : état des lieux et actions du gouvernement

2026 marque probablement un tournant. Cette fois est sans doute la bonne  : la souveraineté numérique en France n’est plus un sujet réservé aux cercles politiques ou aux experts en cybersécurité. Elle s’impose progressivement dans les entreprises, au même titre que la compétitivité, la rentabilité ou la gestion des risques.

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La souveraineté numérique en France : état des lieux et actions du gouvernement

Sommaire

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En l’espace de quelques années, le numérique est devenu l’ossature invisible de l’économie. Les données clients, les infrastructures cloud, les outils collaboratifs, l’intelligence artificielle et logiciels métiers sont omniprésents.

Or, une part significative de ces briques stratégiques repose sur des technologies non-européennes, [2] soumises à des réglementations extraterritoriales comme le Cloud Act américain. [3]

Dans un contexte marqué par de grandes rivalités technologiques entre les États-Unis et la Chine ; l’Europe et la France en particulier cherchent à renforcer leur autonomie stratégique.

Le sujet s’accélère à travers des plans d’investissement massifs, une régulation accrue et des mesures de soutien aux champions technologiques.

Mais au-delà des annonces publiques, la souveraineté numérique en France pose une question simple aux entreprises : comment sécuriser leur croissance sans accroître leur dépendance ?

Les prochaines lignes proposent un état des lieux lucide de la situation française, analysent les enjeux concrets pour les entreprises françaises et décrypte les actions engagées par le gouvernement.

Qu'entend-on par souveraineté numérique ? (Définition)

La souveraineté numérique désigne la capacité d’un État (et par extension de ses entreprises) à maîtriser ses infrastructures technologiques, ses données stratégiques et ses dépendances numériques.

Autrement dit : “Qui est aux manettes des briques critiques, qui contrôle la trajectoire ? “

Dans son acception la plus stricte (et probablement utopique), la souveraineté numérique suppose une maîtrise complète des technologies clés :

  • Infrastructures cloud,
  • Capacités de calcul,
  • Systèmes d’exploitation,
  • Solutions logicielles,
  • Cybersécurité,
  • IA.

En outre, elle implique la protection des données contre toute ingérence extérieure, notamment via des législations extraterritoriales.

Présenté comme cela,on pourrait considérer que la souveraineté numérique est une forme d’autarcie technologique. Pourtant, elle ne consiste pas à exclure toute solution internationale.

Elle renvoie plutôt à une capacité de choix, elle vise une réversibilité maîtrisée et tend vers une réduction des dépendances critiques.

La notion d’autonomie stratégique

Là où la souveraineté vise une maîtrise complète, l’autonomie stratégique reconnaît que certaines interdépendances sont structurelles, mais qu’elles doivent être équilibrées, diversifiées et pilotées.[4]

Concrètement, pour une entreprise française, la souveraineté numérique soulève plusieurs questions très importantes :

  • Où sont hébergées les données sensibles ?
  • Sous quelle juridiction tombent les fournisseurs stratégiques ?
  • Peut-on changer d’infrastructure sans coût prohibitif ?
  • Mon architecture technique me rend-elle captif d’un acteur dominant ?

Souveraineté numérique en France : état des lieux

Concrètement, où en sommes-nous en France ?

Une production numérique trop en retrait ?

Si l’on reste pragmatique, il faut admettre que la capacité d’un pays à assurer sa souveraineté numérique repose au moins en partie sur sa production en la matière :

  • capacité à concevoir,
  • développer,
  • exporter des technologies numériques stratégiques.

Or, comme le souligne l’étude de Sarah Guillou pour Sciences Po [2], la France affiche une spécialisation numérique plus faible que les grandes puissances technologiques.

Le poids de la production numérique dans la valeur ajoutée nationale reste inférieur à celui des États-Unis ou de la Corée du Sud. Le nombre de brevets déposés dans les technologies numériques demeure limité comparé aux leaders mondiaux. [2]

Pour résumer, la France consomme davantage de technologies qu’elle n’en produit.

La dépendance aux infrastructures extra-européennes

Sur le cloud, la situation est encore plus révélatrice. Les hyperscalers [5] américains (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud) dominent largement le marché européen. Cette domination ne relève pas uniquement d’un avantage technologique ; elle repose aussi sur des effets d’échelle et des investissements massifs en infrastructures.

Le manifeste pour la souveraineté technologique porté par l’Innovation Makers Alliance souligne d’ailleurs le risque d’une dépendance excessive aux infrastructures non européennes, notamment pour les briques critiques comme le cloud et l’IA [6].

Pour une entreprise française, cette dépendance crée un paradoxe :

👉 Les outils les plus performants sont souvent ceux qui augmentent l’exposition stratégique

Le paradoxe du financement

Ce déséquilibre se reflète aussi dans l’utilisation de l’argent public. Les administrations françaises (État, collectivités, hôpitaux, universités) recourent massivement à des solutions issues des GAFAM pour :

  • le cloud,
  • les suites collaboratives,
  • la messagerie,
  • les infrastructures de données.

Cela signifie qu’une part non négligeable de la dépense publique numérique alimente des groupes extra-européens.[1]

Des axes de résistance réels

Pourtant, le tableau peint n’est pas aussi sombre qu’il n’y paraît. En effet, la France conserve des positions et assets solides dans plusieurs segments clés :

  • Les télécommunications : la France conserve un savoir-faire reconnu dans les infrastructures télécoms. Orange (qui investit dans Ringover) [6] demeure un acteur européen majeur. Des groupes comme Thales interviennent sur des infrastructures critiques sécurisées.
  • La cybersécurité : nous disposons en France d’un écosystème cybersécurité plutôt dense soutenu par l’ANSSI avec notamment des noms comme Tehtris pour la cyberdéfense ou Stormshield (une filiale d’Airbus).
  • Les logiciels B2B spécialisés
  • L’écosystème IA émergent avec Mistral notamment.
  • Un cadre cloud exigeant via la qualification SecNumCloud délivré par l’ANSSI [5]

Ainsi, ce qu’il faut comprendre c’est qu’on ne part pas de zéro et qu’il s’agit plutôt d’une dynamique à consolider. Comment ? Voici quelques pistes. On peut :

  • Structurer des filières européennes de manière cohérentes,
  • Orienter la commande publique,
  • Intégrer les solutions listées dans les stratégies d’entreprise,
  • Soutenir activement la transformation digitale des entreprises (et pas uniquement les champions du numérique).

Souveraineté numérique : où en sont nos voisins européens ?

Sur le papier, l’Europe parle d’une seule voix. Dans les faits, chaque pays avance selon sa propre doctrine, ses contraintes industrielles et bien évidemment ses urgences politiques.

Le point où tout le monde se rejoint, c’est que la souveraineté numérique est désormais traitée comme un sujet d’infrastructure, pas simplement à travers des débats sporadiques sur la data, comme nous en avons eus pendant des années.

Le cas de l’Allemagne : une souveraineté axée sur le secteur public

L’approche allemande est pragmatique : sécuriser d’abord l’administration, ensuite diffuser les standards au privé.

  • Deutsche Verwaltungscloud (DVC) : en 2025, l’Allemagne a lancé sa “government cloud” comme jalon de souveraineté pour la transformation numérique de l’administration [7].
  • Delos Cloud : un “cloud souverain” pensé pour le secteur public allemand, opéré domestiquement, avec des exigences de conformité (protection des données, sécurité, etc.) [8]. Contrairement au SecNumCloud français, il s’agit d’un opérateur, pas d’un label de conformité.

En clair, les allemands misent sur des effets de ruissellement vers leur écosystème entier en mettant d’abord en place des plateformes cadres.

L’Italie : un cloud national pour les données sensibles

L’Italie a choisi une logique consistant à rassembler les données critiques et stratégiques de l’administration sur une infrastructure dédiée :

  • Polo Strategico Nazionale (PSN) : projet conçu pour fournir aux administrations italiennes une infrastructure cloud sécurisée et fiable [9].
  • Le PSN s’inscrit dans la Strategia Cloud Italia portée par le département italien de la transformation digitale et l’agence nationale de cybersécurité (ACN), qui définit les exigences de sécurité et de souveraineté des données [10]. Le financement (au moins 30 millions en fonds européens) et la structuration du PSN sont documentés via InvestEU [11].

Et à l’échelle européenne ?

L’Union européenne a compris un point clé : l’enjeu n’est pas seulement de fabriquer des outils et ne se limite pas à créer un Google ou un AWS européen. L’enjeu est plus profond, plus systémique et consiste davantage à définir les règles du jeu, harmoniser les standards et organiser la coopération entre États membres.

Digital Decade (2030) : Pour fixer un cap industriel

Le programme Digital Decade 2030 fixe des objectifs mesurables pour l’ensemble des États membres :

  • 75 % des entreprises utilisant le cloud, l’IA ou le Big Data
  • Déploiement massif d’infrastructures sécurisées
  • Développement des capacités européennes en semi-conducteurs
  • Renforcement des compétences numériques

Au-delà des indicateurs, l’enjeu est politique : mettre les États sous trajectoire commune et aligner les investissements publics. [12] Cela signifie que les règles du marché numérique européen sont amenées à converger (même si cela ne se fera pas en un claquement de doigts).

Gaia-X : pour créer un cadre de confiance

Gaia-X est à l’origine une initiative franco-allemande. [2] Son objectif n’est autre que la création d’un standard pour favoriser l’émergence d’écosystèmes de données mais aussi d’infrastructures fédérées et de confiance. Elle implique le développement d’un ensemble de règles, de spécifications et de politiques, mais aussi la mise en place d’un cadre de vérification.

Le principe clé de Gaia-X est la fédération. Plutôt qu’un acteur centralisé, le modèle repose sur :

  • Des fournisseurs certifiés
  • Des standards techniques communs
  • Des règles de gouvernance harmonisées
  • Des “data spaces” sectoriels (santé, industrie, mobilité, énergie)

Ces espaces de données permettent à différents acteurs de partager des informations dans un cadre sécurisé et juridiquement clair.

OVHCloud par exemple joue un rôle clé dans cet écosystème. Le fleuron français est désigné “Gaia-X Clearing House”, ce qui signifie qu’elle contribue à l’infrastructure technique permettant :

  • La vérification des identités numériques des membres
  • La validation des déclarations de conformité
  • La gestion des mécanismes de confiance
  • La distribution des “credentials” Gaia-X

Ce qu’il faut retenir c’est que Gaia-X n’est pas qu’un label et qu’il s’agit avant tout d’un système de gouvernance technique et contractuelle entre les États membres.

Quelles sont les mesures concrètes prises par la France en matière de souveraineté numérique ?

La souveraineté numérique en France ne repose pas uniquement sur des déclarations d’intention. Depuis plusieurs années, l’État structure une stratégie articulée autour de trois leviers : investissement, régulation et commande publique.

La création d’un Observatoire de la souveraineté numérique

Le gouvernement a lancé son Observatoire de la souveraineté numérique.

L’objectif est double :

  • mesurer plus finement les dépendances technologiques du pays,
  • suivre l’évolution de la part des acteurs français et européens dans les marchés stratégiques (cloud, IA, infrastructures critiques).

Cette initiative marque une évolution importante : la souveraineté numérique ne doit plus être un objectif politique, elle doit se concrétiser avec des indicateurs suivis, elle doit être documentée et pilotée. [16]

France 2030 : investir pour reconstruire une base technologique

Lancé en 2021, le plan France 2030 mobilise 54 milliards d’euros pour réindustrialiser et renforcer les capacités technologiques du pays.[13] Le gouvernement a notamment annoncé des dispositifs visant à renforcer l’offre française et européenne, avec des appels à projets et un accompagnement à la qualification SecNumCloud. [14]

Concrètement cela signifie :

  • Soutenir l’émergence de champions technologiques français
  • Renforcer les capacités de calcul et d’infrastructures
  • Accélérer l’industrialisation des technologies critiques

En d’autres termes, les entreprises du numérique bénéficient désormais d’un soutien public durable.

Le cadre réglementaire : RGPD, IA Act et protection des données

La France s’appuie également sur le cadre européen pour renforcer sa maîtrise en matière de données.

  • Le RGPD impose un contrôle strict sur le traitement des données personnelles.
  • L’IA Act européen introduit une classification des systèmes d’intelligence artificielle en fonction de leur niveau de risque.
  • Les exigences de conformité deviennent progressivement un critère stratégique dans les appels d’offres publics et privés.

La régulation est pensée ici comme un levier industriel : elle érige des barrières à l’entrée et valorise les acteurs capables de s’aligner sur ces standards élevés.

Le SecNumCloud et la doctrine du “cloud de confiance”

Le SecNumCloud : nous l’avons maintes fois mentionné tout au long de cet article. Cette qualification exigeante est délivrée par l’ANSSI. Si vous souhaitez déposer votre candidature pour l’un de vos produits ou services : c’est par ici.

Ce référentiel impose :

  • Une localisation européenne des données
  • Une gouvernance maîtrisée
  • Une protection contre les lois extraterritoriales
  • Des audits techniques approfondis

En parallèle, la doctrine dite du “cloud de confiance” impose aux administrations françaises d’utiliser des solutions répondant à ces critères pour les données sensibles.

L’objectif est de créer un effet de marché : les fournisseurs doivent s’adapter s’ils souhaitent accéder aux contrats publics stratégiques.

La commande publique comme point d’appui

La commande publique est clairement un instrument clé. L’État peut orienter la demande vers des solutions souveraines, et espère créer un effet d’entraînement et stabiliser des filières industrielles.

Dans plusieurs secteurs comme la défense, la santé, les administrations centrales, les critères de souveraineté technologique sont amenés à être plus explicites.

Et pour les entreprises privées, cela se traduit par une évolution progressive vers des standards attendus, notamment en matière de sécurité et de gouvernance des données.

Les enjeux concrets de la souveraineté numérique pour les entreprises françaises

La souveraineté numérique en France ne doit plus être un débat de l’abstrait, et pour cause, elle implique de véritables enjeux pour les entreprises françaises.

L’aspect juridique : l’exposition aux lois extraterritoriales

De nombreuses entreprises françaises utilisent des solutions cloud ou logicielles relevant du droit américain. Or, des dispositifs comme le Cloud Act permettent aux autorités américaines de demander l’accès à certaines données, même si celles-ci sont hébergées en Europe.[3]

Le sujet dépasse la conformité RGPD. Il touche à la confidentialité stratégique :

  • Données clients sensibles
  • Propriété intellectuelle
  • Informations financières
  • Données de R&D

Pour certaines industries (défense, énergie, santé, industrie stratégique), l’exposition peut devenir critique.

Le risque de vendor lock-in (enfermement propriétaire)

La dépendance ne se limite pas à la juridiction. Elle est bien souvent technique.

Lorsqu’une entreprise construit son architecture IT autour d’un hyperscaler ou d’un écosystème propriétaire, faire machine arrière devient complexe à cause :

  • des coûts de migration élevés
  • de la dépendance aux API propriétaires
  • de la perte de pouvoir de négociation
  • de l’Intégration profonde aux outils métiers

Le risque concurrentiel : perte d’avantage stratégique

La data est aujourd’hui un actif stratégique. Si leur exploitation repose sur des infrastructures ou des algorithmes dont l’entreprise ne maîtrise ni les évolutions ni la gouvernance, elle dépend d’un acteur tiers pour créer de la valeur. Cela pose une question simple : qui contrôle la chaîne de valeur numérique ?

Dans un contexte de tensions géopolitiques, une rupture d’accès, une restriction technologique ou une évolution contractuelle peuvent affecter directement l’activité.

Le risque financier : valorisation et perception investisseurs

Les fonds d’investissement et les acquéreurs sont désormais plus attentifs à la gouvernance des données et à la résilience technologique.

Une entreprise qui est dépendante d’un fournisseur unique, exposée à un risque réglementaire extraterritorial, sans stratégie de réversibilité peut voir sa valorisation affectée lors d’une levée de fonds ou d’une opération de fusion-acquisition.

La souveraineté numérique comme opportunité stratégique ?

Comment l’intégrer dans sa stratégie d’entreprise ? Tout d’abord, il convient de cartographier les risques (ceux que nous avons listés dans la section précédente) et d'arbitrer, de prioriser. Vous pouvez plus facilement :

  • Évaluer la réversibilité des solutions
  • Diversifier les fournisseurs sur les infrastructures critiques
  • Intégrer la localisation et la gouvernance des données dans les appels d’offres
  • Favoriser des acteurs européens lorsque cela est pertinent

Il serait réducteur de voir la souveraineté uniquement comme un poste de dépense ou une liste de risques et de labels de conformité. Cette souveraineté peut aussi devenir un différenciateur :

  • Les entreprises peuvent s’en servir comme argument commercial auprès de clients sensibles
  • Elle peut devenir un critère d’éligibilité à des marchés publics comme nous l’avons vu précédemment
  • C’est un facteur de confiance renforcée

Comment Ringover s’inscrit dans la souveraineté numérique française ?

La souveraineté numérique ne concerne pas uniquement les infrastructures cloud massives ou les politiques industrielles. Elle se joue aussi dans les briques opérationnelles qui structurent le quotidien des entreprises : téléphonie, données de communication, outils collaboratifs, intégrations CRM.

Ces briques peuvent sembler secondaires. Elles ne le sont pas.

Les communications professionnelles concentrent des données sensibles : informations commerciales, échanges contractuels, discussions RH, négociations stratégiques. La question de leur hébergement, de leur gouvernance et de leur juridiction devient donc structurante.

C’est dans ce contexte que Ringover s’inscrit. Entreprise française, Ringover développe et opère une plateforme de communication cloud conçue pour les entreprises européennes.

“ L’ensemble des data centers, au sein desquels les données nécessaires à la fourniture des services Ringover sont stockées, sont hébergés et localisés en France, n’engendrant dès lors aucun transfert de données en dehors de l’Union Européenne ou de l’Espace Economique Européen. Ces hébergeurs disposent des certifications suivantes :  Certification PCI-DSS for service providers, Certification HDS (Hébergement de données de santé), ISO 9001:2015,  ISO 14001:2015, ISO 27001:2013, ISO 50001:2011 “
Extrait de nos informations légales sur le RGPD
Ringover

Ce positionnement présente plusieurs implications stratégiques :

  • Les données de communication restent sous juridiction européenne
  • Les entreprises réduisent leur exposition aux lois extraterritoriales
  • L’intégration aux outils métiers s’effectue dans un cadre conforme au RGPD
  • La réversibilité et la maîtrise contractuelle sont clarifiées

La logique de Ringover est de vous proposer une alternative européenne crédible dans un marché largement dominé par des solutions nord-américaines.

Choisir un acteur européen pour ses communications d’entreprise, c’est aligner un outil stratégique avec une vision plus large de maîtrise technologique. C’est aussi participer à la consolidation d’un écosystème numérique européen capable de rivaliser à long terme. Rappelons que si la souveraineté numérique se construit à l’échelle des États, elle se consolide aussi par les choix des entreprises.

FAQ sur la souveraineté numérique en France

Qu’est-ce que la souveraineté numérique en France ?

La souveraineté numérique en France désigne la capacité du pays et de ses entreprises à maîtriser leurs infrastructures technologiques, leurs données stratégiques et leurs dépendances numériques vis-à-vis d’acteurs extra-territoriaux. Cette souveraineté implique un contrôle sur la localisation des données, la juridiction applicable, les infrastructures cloud et les technologies critiques comme l’IA ou encore la cybersécurité.

La France est-elle dépendante des GAFAM ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, oui. Dans plusieurs segments clés comme le cloud public, l’éducation, les plateformes collaboratives ou certaines briques d’intelligence artificielle. Les GAFAM dominent largement le marché européen. Des exemples concrets :

  • Microsoft 365 domine le marché des suites collaboratives en entreprise
  • Google Workspace occupe une position structurante
  • Salesforce est leader mondial du CRM
  • Amazon Web Services demeure une référence en infrastructure cloud

Cependant, la France dispose aussi d’acteurs solides dans la cybersécurité, les télécommunications, les logiciels industriels et le cloud qualifié. L’enjeu n’est pas d’éliminer toute dépendance, mais de reprendre plus de contrôle, de la rendre pilotable.

Qu’est-ce que le cloud souverain ?

Le cloud souverain désigne une infrastructure cloud opérée sous juridiction européenne, avec des garanties fortes sur la localisation des données et la protection contre les lois extraterritoriales.

En France, la qualification SecNumCloud, délivrée par l’ANSSI, constitue le référentiel le plus exigeant en matière de cloud sécurisé.[15]

La souveraineté numérique française est-elle réellement possible ?

Dans une économie mondialisée, la souveraineté totale est illusoire. Une autonomie stratégique maîtrisée reste possible. Elle se matérialise par la diversification des fournisseurs, la mise en place d’infrastructures européennes fiables et compétitives, le développement de standards communs et plus interopérabilité. Cependant, factuellement, le risque zéro n’existe pas : les chaînes de valeur numériques sont profondément globalisées. Les semi-conducteurs sont conçus dans un pays, fabriqués dans un autre, assemblés ailleurs. Les logiciels reposent sur des briques open source internationales. Même les infrastructures dites “souveraines” utilisent des composants mondiaux.

Quelle différence entre souveraineté numérique et autonomie stratégique ?

La souveraineté renvoie à une maîtrise complète des technologies critiques. La notion d’autonomie stratégique apporte plus de nuance et reconnaît les interdépendances internationales mais vise à les équilibrer et les sécuriser pour préserver une marge de manœuvre.

Pourquoi la souveraineté numérique doit-elle vous concerner ?

La souveraineté numérique est très importante pour les entreprises françaises. Elle est devenue un véritable de sujet de gouvernance, au même titre que la cybersécurité ou la conformité réglementaire parce qu’elle touche :

  • La gestion des risques juridiques
  • La protection des données stratégiques
  • La valorisation de l’entreprise
  • L’accès aux marchés publics

Comment une entreprise peut-elle renforcer sa souveraineté numérique ?

Pour renforcer votre souveraineté numérique, l’une des premières choses à faire est d’évaluer la juridiction de vos fournisseurs. Essayez également d’étudier la réversibilité des solutions (même si faire machine arrière dans ce monde ultra-concurrentiel est très ardu). Posez-vous systématiquement la question de la localisation des données et la diversification des infrastructures critiques.

Notre conseil : Il ne s’agit pas de tout transformer en une fois, mais d’arbitrer avec lucidité.

Quel rôle jouent les acteurs technologiques français comme Ringover ?

Les entreprises technologiques françaises comme Orange, OVHCloud, Dassault ou encore Ringover contribuent à structurer un écosystème européen plus autonome. En proposant des solutions opérées en Europe et conformes aux standards réglementaires, elles offrent aux entreprises des alternatives crédibles aux acteurs extra-européens.

Mentions

  • [1] https://www.lesnumeriques.com/
  • [2] https://www.sciencespo.fr/
  • [3] https://www.congress.gov/
  • [4] https://shs.cairn.info/
  • [5] https://cyber.gouv.fr/enjeux-technologiques/cloud/
  • [6] https://ventures.orange.com/ringover/
  • [7] https://www.bmi.bund.de/
  • [8] https://www.deloscloud.de/index.html
  • [9] http://polostrategiconazionale
  • [10] https://innovazione.gov.it/
  • [11] https://investeu.europa.eu/
  • [12] https://digital-strategy.ec.europa.eu/
  • [13] https://www.info.gouv.fr/
  • [14] https://presse.economie.gouv.fr/
  • [15] https://cyber.gouv.fr/offre-de-service/
  • [16] https://www.strategie-plan.gouv.fr/

Publié le 19 février 2026.

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